Accélérer la montée en compétences

Dans les industries pharmaceutiques et cosmétiques, la montée en compétences n’est plus seulement un sujet RH. Avec l’évolution rapide des métiers, elle devient un levier de performance, de qualité et de compétitivité. Le Groupe IMT en a fait un axe fort de son accompagnement auprès des sites industriels.

Infographie dossier PASSERELLES 91 juin 2026

Automatisation des lignes, digitalisation des dossiers de lot, exigences réglementaires renforcées, pression sur les coûts, tensions de recrutement, départs à la retraite…
« Aujourd’hui, les sites de production doivent à la fois sécuriser leurs savoir-faire et préparer les métiers de demain« , souligne Hervé Galtaud, directeur général du Groupe IMT. Ils n’ont pas besoin de former pour répondre à une obligation, mais sur tout maintenir l’employabilité de leurs salariés, dans un contexte où les métiers évoluent vite. » Les besoins se concentrent autour de deux grands axes : la maîtrise réglementaire et qualité pour prévenir les écarts et préparer les inspections ; et la maîtrise des procédés, équipements et outils numériques, pour limiter les dérives, les arrêts machines et garantir la productivité des lignes, de plus en plus automatisées. La digitalisation impacte aussi le rôle des opérateurs et conducteurs de ligne. « On a de moins en moins de simples exécutants. Ils doivent suivre des paramètres, réaliser des contrôles, comprendre des données, réagir face à une dérive et communiquer efficacement avec leur équipe », poursuit Hervé Galtaud. Soft skills, tutorat, transmission des consignes ou encore management de proximité deviennent ainsi indissociables de la formation technique.

Du diagnostic à l’ingénierie sur mesure

Face à ces enjeux, le Groupe IMT intervient à plusieurs niveaux. Certaines entreprises ont un besoin précis: former des techniciens de compression, renforcer la maintenance de premier niveau, accompagner un changement de for mat ou consolider les bases qualité.
La réponse peut alors prendre la forme d’une formation inter- entreprises sur les plateaux tech niques de l’IMT, ou intra, sur site ou plateaux du Groupe IMT. Mais les demandes requièrent souvent un travail plus en amont. « Une entreprise peut avoir identifié une problématique spécifique — arrêts d’atelier, déviations, investissement, nouvelle ligne — sans l’avoir encore traduite en parcours de formation », explique Hervé Galtaud. Le Groupe IMT accompagne alors le diagnostic, évalue les compétences existantes, cartographie les écarts avec les attendus et construit une réponse adaptée et plurielle : animation d’une formation technique, accompagnement des managers de proximité aux postes de travail, création de sup ports internes, formation de tuteurs ou parcours blended learning. Cette approche « à la carte » répond aussi à une contrainte forte : le temps disponible. Dans les ateliers, libérer les salariés pour se former reste complexe. D’où la montée en puissance de formats plus courts, ciblés sur des compétences clés et dont l’impact attendu est renforcé. « Le ROI de la formation devient essentiel. Il faut bien caler l’objectif, le contexte et les bénéfices attendus : réduction des écarts qualité, meilleure autonomie, diminution des sollicitations de la maintenance, harmonisation des pratiques », résume-t-il.

Certifier l’expérience, construire des parcours

Au-delà des formations courtes, le Groupe IMT accompagne aussi les salariés dans des parcours certifiants ou qualifiants. « Il s’agit de permettre à chacun d’évoluer sur son poste, de viser une mobilité interne ou de faire reconnaître une expérience acquise sur le terrain », explique Isabelle Guérin, coordinatrice de projets de formation au Groupe IMT.
La VAE constitue un levier fort.
Depuis janvier 2026, les quatre titres sont accessibles via la plateforme France VAE. Le dispositif permet à des salariés expérimentés, en poste dans l’industrie pharmaceutique ou cosmétique, de faire reconnaître officiellement leurs compétences. Le parcours com prend : étude du projet, dépôt du dossier, accompagnement pendant six à huit mois, puis présentation devant un jury composé de formateurs IMT et d’industriels. Une validation partielle par blocs de compétences est également possible, permettant de combiner VAE et formation complémentaire.

« Aujourd’hui, les sites de production doivent à la fois sécuriser leurs savoir-faire et préparer les métiers
de demain.
» Hervé Galtaud, directeur général du Groupe IMT

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© Ipsen Signes France

Se former à des blocs de compétences répond à la même logique de souplesse. Un conducteur de ligne titulaire d’un premier niveau de qualification peut, par exemple, viser un bloc du titre TSPCI pour développer ses compétences en qualité, formulation, fabrication, conditionnement, qualification-validation ou manage ment. « Nous encourageons notamment cette opportunité auprès de nos IMTistes, indique Isabelle Guérin. C’est une réponse idéale dans le cadre des entretiens professionnels : formation courte, certifiante, opérationnelle et finançable par le CPF. » Les CQP, pilotés par les branches professionnelles, sont une autre voie pour accompagner l’évolution des métiers, notamment en conditionnement, fabrication, logistique ou management. Habilité par le Leem, le Groupe IMT forme aux CQP, accompagne et évalue ces parcours, qui peuvent à la fois faire évoluer des salariés en poste et former de nouveaux candidats selon les besoins des industriels. Parmi les exemples récents : le CQP Pilote de conditionnement chez AbbVie à Annecy, destiné à des conducteurs de ligne confirmés souhaitant renforcer leur leadership et leur capacité à animer une équipe ; ou encore le CQP
Conducteur de ligne de conditionnement chez Sanofi Val-de-Reuil, mis en place pour recruter, former et préparer des collaborateurs qualifiés en vue de la prochaine saison vaccinale contre la grippe.


Réapprendre les fondamentaux du métier

Sur le terrain, les demandes partent souvent d’un constat très concret : des non-conformités, dérives process, pratiques hétérogènes ou un manque de culture galénique. « De nombreux collaborateurs ont appris sur le terrain. Ils maîtrisent leur geste, mais n’ont pas toujours les fondamentaux scientifiques et galéniques qui permettent de comprendre ce qui se passe dans le procédé ou sur l’équipement », observe Joël Rancœur, responsable des formations industrielles au Groupe IMT.

Les formations courtes permettent alors de redonner du sens au geste professionnel. Elles associent remise à niveau scientifique, apports techniques et mises en situation sur équipement sur site ou plateaux de l’IMT. L’enjeu est de partir de situations vécues en atelier : réglage d’une presse à comprimer, changement de format, diagnostic de panne, lecture d’un écart qualité, conduite d’un équipement automatisé. Cette montée en compétences s’appuie aussi sur les tuteurs internes.
« Les tuteurs sont des relais essentiels pour maintenir la dynamique. Ils transmettent, donnent du feedback immédiat et accompagnent les nouveaux entrants au poste de travail », poursuit Joël Rancœur. Former les tuteurs, c’est donc sécuriser l’intégration, capitaliser sur les savoir faire et éviter la perte de compétences liée aux mobilités ou aux départs.
Cette approche peut également s’inscrire dans des dispositifs sur mesure, construits directement avec les sites industriels, ou leurs académies internes de formation, voire les agences d’intérim. Le Groupe IMT intervient alors au plus près des besoins du client, en adaptant les parcours aux procédés, aux équipements et aux profils à former.
Chez Unither, près de Toulouse, une première session dédiée au conditionnement a ainsi été déployée, avant une nouvelle session orientée fabrication. Objectif : former de nouveaux entrants en moins de 200 heures, entre apports théoriques en salle et mises en situation au poste, afin de les
rendre rapidement opérationnels et autonomes. Même logique avec la Delpharm Academy, qui mutualise des sessions intersites pour répondre aux besoins de plusieurs établissements du groupe, ou encore avec la Bio Academy de Virbac, à Carros, dédiée au renforcement des compétences en production de vaccins vétérinaires.

Le digital comme accélérateur

L’e-learning complète ces dispositifs en apportant souplesse et modularité. « L’outil digital peut intervenir avant une formation pour évaluer les connaissances, en complément d’un présentiel sous forme de jeu notamment, ou comme module autonome pour renforcer un socle de compétences », explique Joan Leclerc, responsable communication et innovation digitale du Groupe IMT. La boutique en ligne du Groupe IMT propose, par exemple, in module d’introduction aux BPF pour les nouveaux collaborateurs, ou «Refresh BPF» pour les salariés en poste.
D’autres modules couvrent les bases de sciences utiles aux opérateurs et techniciens au quotidien dans un format ludique et appliqué, les bio médicaments et la bioproduction, ou encore des notions métiers (la pesée, la mesure de pH…). Les entreprises peuvent acheter des modules, louer la plateforme pour piloter leurs sessions ou créer des conte nus 100 % personnalisés à partir de leurs propres process, produits et équipements.
Le digital sert aussi à évaluer les acquis : tests de positionnement avant une formation, quiz après un parcours, mesure des connaissances. En parallèle, le Groupe IMT développe des jeux pédagogiques sur la qualité, l’intégrité des données, la sérialisation, l’asepsie (fresque) ou l’excellence opérationnelle. « Le jeu crée de l’engagement, favorise les échanges et permet d’ancrer les notions clés autrement », souligne Joan Leclerc. Ainsi, du jeune diplômé au salarié expérimenté, du demandeur d’emploi au collaborateur en reconversion, le Groupe IMT accompagne les parcours tout au long de la vie professionnelle. Une conviction guide cette approche : former, ce n’est pas seulement transmettre des compétences. C’est donner aux salariés les moyens de comprendre leur rôle, gagner en autonomie, continuer de s’épanouir à leur poste de travail et rester acteurs de leur avenir industriel.

Sanofi Ploërmel : comprendre pour mieux maîtriser

Sur le site Sanofi de Ploërmel, spécialisé dans la production d’héparine d’origine naturelle, le Groupe IMT a accompagné le renforcement des compétences d’une trentaine de salariés en filtration tangentielle. L’objectif selon Mélanie Rousset, responsable production du site : donner aux opérateurs, techniciens de maintenance, équipes qualité et fonctions support les bases théoriques nécessaires pour mieux comprendre cette étape clé du procédé et ses facteurs de variabilité. Coconstruite avec Joëlle Dumas, responsable des formations Biomanufacturing du Groupe IMT, la formation a été entièrement adaptée à l’unité industrielle, avec un enjeu d’optimisation des procédés et des rendements.
Deux niveaux ont été proposés : l’un centré sur les fondamentaux pour les opérateurs, l’autre plus approfondi sur les problématiques rencontrées pour l’encadrement et les fonctions support. Les modules courts d’1h30, organisés sur deux sessions en mars, ont combiné apports scientifiques, schémas de production, cas pratiques et jeu de réactivation des connaissances. « Les collaborateurs ont apprécié une approche simple, imagée, vivante et directement reliée à leur quotidien », conclut Mélanie Rousset. Une première collaboration réussie, qui ouvre déjà la voie à d’autres sujets.

Un parcours sur mesure pour Thépenier Pharma & Cosmetics

Chez Thépenier Pharma & Cosmetics, à Saint-Langis-lès-Mortagne, la montée en compétences se coconstruit avec le Groupe IMT au plus près du terrain. Six collaboratrices de l’équipe conditionnement et deux intérimaires (accompagnées par Manpower) ont démarré une formation pour valider le bloc « Conduire une ligne de conditionnement des produits de santé » du titre TPCI (Technicien en pharmacie et cosmétique industrielles). Aménagée sur le temps et le lieu de travail, la formation intègre une partie pratique directement réalisée sur les équipements de production et des évaluations via des mises en situation professionnelle.
Conçu avec l’appui d’Élise Lefebvre, responsable de l’établissement IMT de Val-de-Reuil et Christophe Chevallier, formateur du Groupe IMT, ce programme répond à un double objectif : renforcer les compétences opérationnelles des équipes et leur permettre d’accéder à une certification professionnelle reconnue (RNCP). Rendez-vous bientôt pour la remise des parchemins !

Pierre Fabre Gien : harmoniser les pratiques en compression

À Gien, les Laboratoires Pierre Fabre ont sollicité le Groupe IMT pour renforcer les compétences d’une vingtaine d’opérateurs sur la conduite de presses à comprimer Prexima 300. « L’objectif était de sécuriser les pratiques, harmoniser les gestes et renforcer la culture du bon du premier coup, » explique Michel Desbordes, responsable de l’unité production formes sèches. En amont de la formation, Joël Rancœur, responsable des formations industrielles au Groupe IMT, a réalisé une journée de repérage sur site avec les équipes production et qualité afin d’adapter le contenu aux équipements et aux besoins réels. Le parcours de trois jours a combiné quiz de positionnement, théorie en salle, mises en situation sur machine et travail sur les paramètres critiques : masse, dureté, épaisseur, montage, changement de format, démontage, réglages et contrôles. Pour Michel Desbordes, l’enjeu était aussi de faire face au turnover et aux départs d’anciens.
Les premiers résultats confirment la dynamique : les volumes progressent tandis que les déviations reculent nettement. Une preuve que la rigueur, lorsqu’elle est comprise et partagée, devient un levier de performance!

Innothera : former les tuteurs pour mieux transmettre

Chez Innothera Chouzy-sur-Cisse, une dizaine de salariés ont suivi une formation de sept heures dédiée à la posture de tuteur avec le Groupe IMT. Objectif : clarifier le rôle, le périmètre et les responsabilités de ceux qui accompagnent les nouveaux arrivants au poste de travail. En amont, un échange préparatoire avec Isabelle Guérin, coordinatrice de projets de formation au Groupe IMT, et Marie-Laure Simon, formatrice, a permis d’analyser le contexte, d’identifier les attentes et de construire un module adapté aux pratiques internes.
La formation s’est appuyée sur des situations concrètes, avec une attention particulière portée à l’appropriation rapide des messages clés. « Cette formation a constitué un rappel structurant sur le rôle du tuteur, explique Christelle Verrier, responsable laboratoire contrôle qualité chez Innothera. L’impact a été particulièrement notable pour les techniciens, investis dans cette mission, qui l’associaient davantage à une fonction managériale. L’approche pédagogique, en rupture avec les dispositifs précédents proposés chez Innothera, a suscité une réelle adhésion. Elle a également débouché sur la coconstruction d’une charte d’accueil des nouveaux arrivants, désormais lue et signée par le tuteur comme par le salarié accompagné. » Un outil concret pour professionnaliser la transmission et sécuriser l’intégration des nouveaux collaborateurs.

3 QUESTIONS À CAROLINE HONORÉ, DRH DE DUMORTIER HUILES ET SAUCES

Pourquoi avoir fait appel au Groupe IMT ?
Caroline Honoré : À Tourcoing, Dumortier Huiles et Sauces est une entreprise familiale en croissance, avec 63 CDI, spécialisée dans le conditionnement d’huiles et la fabrication de mayonnaises et sauces. Depuis sa reprise par la famille Brabant en 2022, le site accélère sa modernisation : nouveaux équipements, nouvelle ligne de conditionnement, diversification des marchés et développement à l’international. Avec le responsable production, nous souhaitions accompagner cette transformation en harmonisant les pratiques des conducteurs de ligne et en renforçant la maintenance de premier niveau, les changements de format et la compréhension des gestes du quotidien. J’avais entendu parler du Groupe IMT dans le cadre d’un groupement d’employeurs. Leur niveau d’exigence et de rigueur nous a semblé particulièrement adapté pour franchir un cap, notamment sur les enjeux d’hygiène.

Comment le parcours a-t-il été construit ?
C. H. : Le Groupe IMT a d’abord réalisé une visite de site et une phase d’audit, qui ont permis de confirmer nos besoins et de préciser les priorités. Nous envisagions au départ un parcours qualifiant, mais celui-ci s’est révélé trop lourd à organiser. Le Groupe IMT a donc proposé une formation à la carte, plus souple et mieux adaptée à notre contexte. « Les conducteurs partagent désormais le même langage que la maintenance. Ils identifient mieux les organes défectueux, résolvent certains problèmes simples et évitent des manipulations inadaptées. » Tous les conducteurs de ligne ont passé un test en ligne pour évaluer leurs connaissances et ajuster le niveau de départ de la formation. À partir de cette cartographie, nous avons proposé la formation sur la base du volontariat. Neuf conducteurs ont été formés du 1er au 18 décembre 2025 autour de quatre modules : technologies des machines automatisées, conduite d’équipement de conditionnement, changements de format et réglages associés, notamment avec la méthode SMED, diagnostic de panne et interventions techniques, avec un volet sur la description et la traçabilité des déviations. La formation s’est déroulée sur site, avec une alternance entre théorie le matin et pratique l’après-midi, sur une ligne immobilisée pour simuler les pannes et travailler directement sur la machine.

Quels bénéfices observez-vous ?
C. H. : Les retours sont très positifs. Les conducteurs partagent désormais le même langage que la main tenance. Ils identifient mieux les organes défectueux, résolvent certains problèmes simples et évitent des manipulations inadaptées. Ils gagnent en compréhension, en autonomie et en confiance. Pour une entreprise qui investit dans de nouveaux équipements, c’est essentiel. Acheter une machine ne suffit pas : encore faut-il que les équipes puissent se l’approprier. La formation permet justement d’embarquer chacun dans cette dynamique de modernisation.

Dossier réaliser par Marion Baschet Vernet