Cosmétique : une filière prête à rebondir et à consolider le « made in France »

Performance, innovation et qualité « made in France » sont les maîtres-mots du développement de la filière cosmétique française, leader du secteur mondial, réunie au sein du pôle de compétitivité de la Cosmetic Valley. Dans la relance actuelle, l’adaptation des compétences et la formation seront plus que jamais essentielles pour rebondir et consolider la dynamique de croissance dans les territoires.

2021 sera une année décisive pour l’industrie cosmétique française, qui pèse 45 milliards d’euros de chiffre d’affaires, sur un marché international de 483 milliards en croissance de 5,3%, et représente 250 000 emplois sur le territoire national. Le secteur, fortement exportateur et stratégique pour la France, face à une concurrence étrangère de plus en plus vive, s’est maintenu jusqu’ici grâce à une dynamique d’innovation et d’investissements centrés sur le sol français.

« Notre force a été de consolider ce made in France. Il passe par le développement d’un vivier d’entreprises, de savoir-faire et de compétences, qui confortent notre leadership dans le monde » pointe Soline Godet, directrice générale adjointe Entreprises et Territoires de la Cosmetic Valley. Le pôle de compétitivité, conscient de ces enjeux humains et économiques, a tenu ses premiers états généraux de la cosmétique en 2020.

Objectif : dégager des mesures de soutien à la relance des entreprises face à des enjeux multiples : innovation, performance, qualité « made in France », sécurité des produits, respect de l’environnement…

Technicité et professionnalisation

En dix ans, les métiers de la parfumerie-cosmétique ont profondément changé et gagné en technicité, en particulier sur la fabrication et le conditionnement. En 2011, la création de titre ou certification de qualification professionnelle (CQP) par France Chimie a permis de professionnaliser et optimiser la performance des équipes, dans le cadre de l’automatisation croissante.

C’est à cette époque aussi que le Groupe IMT a fait évoluer le contenu de ses formations diplômantes (TPCI, TSPCI) pour intégrer les métiers et l’environnement de travail de l’industrie cosmétique. Selon les années, 20 à 25 % des apprentis qu’il accompagne se destinent à ce secteur. Cinq formateurs sont aujourd’hui habilités à dispenser de la formation et certification de type CQP, où se trouvent les besoins. Un exemple est le programme Defi 41, auquel ont participé Francos (Sisley) à Blois, Innothera Chouzy, Chiesi et CDM Lavoisier à La Chaussée-Saint-Victor.

 

« L’innovation est un levier clé de croissance dans la cosmétique. Le champ des possibles pour nos formations en interne est immense sur une large gamme de produits : crèmes, poudres, parfums… » Joël Rancoeur, directeur des formations industrielles du Groupe IMT.

 

Anne Gauthier, RRH de Francos, a profité du programme Defi 41 pour former rapidement les équipes.

« Ce projet mutualisé de compétences nous a permis de former rapidement du personnel qualifié en pesée », indique Anne Gauthier, RRH de Francos. Avec plusieurs sociétés, notamment le groupe LVMH (Guerlain, Dior…) et Shiseido, le parcours Pharcos entre également dans sa quinzième année pour guider des jeunes du bassin orléanais de la Cosmetic Valley vers une formation certifiante. Un sésame qui leur assurera de travailler en cosmétique.

 

Coopération haut de gamme avec Sisley (Francos) à Blois

250 collaborateurs travaillent sur le site Francos de Blois. ©Francos

Grande marque de soins haut de gamme, Sisley est mondialement appréciée pour sa  « phytocosmétique » produite à Blois, en région Centre-Val de Loire. Le site de Francos y est spécialisé dans la fabrication et le conditionnement des crèmes et émulsions. Sur un espace de 21 000 m2, 250 salariés travaillent sur des métiers spécifiques en fabrication, pesée et conditionnement.
« Nous travaillons en étroite collaboration avec le Groupe IMT sur quatre axes, note Anne Gauthier, responsable des ressources humaines de Francos. En premier, sur le développement des compétences au travers de formations courtes et ciblées sur site, très professionnelles pour nos équipes. La plus récente – sur 14 heures – a porté sur les émulsions techniques et galéniques des fabricants. Du fait de son succès auprès des équipes en 2019, nous la renouvelons en cette fin d’année. Nous avons également participé au programme Defi 41 sur une formation clés en mains adaptée à nos besoins afin de trouver des personnels qualifiés en fabrication et en pesée. Les deux derniers champs d’action sont l’apprentissage et la professionnalisation au travers de la VAE (Validation des acquis de l’expérience) dans les domaines de la production et du contrôle qualité, une autre solution pour réaliser les envies et projets de nos collaborateurs ! »

Montée en qualité et innovation

Sur l’axe de la qualité, la mise en place de la norme ISO 22716 (« BPF cosmétiques ») a été une véritable incitation à former le personnel aux nouvelles exigences réglementaires, notamment chez les sous-traitants. Cette montée en compétences peut, par exemple, se faire grâce aux serious games conçus par le Groupe IMT pour valider une formation e-learning ludique et interactive sur la norme ISO 22716. De nombreux programmes en cours visent la montée en qualité des sites : GPEC chez les parfums Christian Dior pour les opérateurs de fabrication, mais aussi évaluation des techniciens de qualité ; montée en puissance de la qualité dans le Groupe Rocher avec des formations sur les BPF cosmétiques, ou encore, formation des techniciens et plans d’expériences sur la formulation chez Alban Muller. Le Groupe IMT assure également des formations en interne sur les formulations qui permettent de nouveaux usages (le « do it yourself ») et la fabrication de produits sur-mesure (couleurs, formules, textures…) et continue ainsi à être un vecteur de tendances.

La mise en place de la norme ISO 22716 a été une véritable incitation à former le personnel sur l’axe de la qualité. ©Adobe.

 

 

Un nouveau Mastère

« On continue de chercher des profils agiles, avec des compétences techniques, notamment en électronique et robotique, dans le cadre de l’industrie du futur », note Soline Godet. Voilà pourquoi la transition numérique s’impose aujourd’hui à une vitesse sans précédent dans le secteur sur un axe « robotisation, automatisation et digitalisation ».
Un triptyque pour lequel le Groupe IMT continue d’adapter contenus et programmes.

Face à la diffusion du numérique, l’industrie a besoin de personnes capables d’accompagner et de piloter le changement sur les chemins de la relocalisation, de l’industrie 4.0 et de la consolidation d’un leadership mondial. À compter de janvier 2022, le mastère sur lequel le Groupe IMT travaille avec une école d’ingénieurs arrivera à point nommé pour former des ingénieurs responsables de projets industrialisation en cosmétique. Sur 12 mois avec 22 semaines en entreprise, ce mastère (bac+6) comprendra trois blocs de compétences : le pilotage de la production, la conduite de la transposition industrielle d’un produit cosmétique et le management de projet. Une voie supplémentaire pour rejoindre un secteur très innovant, tourné vers l’avenir !

« Le Groupe IMT souhaite adopter une attitude prospective. Il nous faut comprendre les répercussions de la crise actuelle aux fins d’évoluer sans doute vers plus de polyvalence, d’adaptabilité, voire l’intégration de process différents. »
Hervé Galtaud, directeur général du Groupe IMT.

 

Soline Godet, Directrice générale adjointe entreprises et territoires de la Cosmetic Valley.

« Nous devons former plus, pour recruter plus ! »

Les premiers états généraux de la cosmétique ont été l’occasion de lister une trentaine de mesures pour accompagner la croissance. Pour y arriver, l’évolution des compétences s’avère un enjeu majeur.

Qu’est-ce qui a marqué l’année 2020 dans le secteur de la cosmétique et parfumerie ?

Soline Godet : Les 3 200 entreprises de la Cosmetic Valley, dont 85 % de TPE-PME, ont su faire preuve d’agilité dans la crise sanitaire. Elles ont adapté leur outil de production et participé à l’effort collectif, notamment pour les gels hydroalcooliques. Elles représentent un ensemble de compétences, de l’amont vers l’aval, qui participent à la réputation et au succès international de la beauté « made in France. » Une réalité bien souvent méconnue des pouvoirs publics, alors que nous sommes en passe de devenir cette année le premier contributeur au solde exportateur, devant l’aéronautique. C’est pour défendre notre leadership international que la Cosmetic Valley a organisé ses premiers états généraux en avril, dans une dynamique de filière, avec l’enjeu de peser sur le plan de relance actuel.

« Nous sommes en passe de devenir cette année le premier contributeur au solde exportateur, devant l’aéronautique. »

Quels sont les grands défis à relever au niveau des compétences ?

S. G. : Ces états généraux ont été l’occasion de lister une trentaine de mesures pour accompagner la croissance, mais aussi les transitions, vers davantage de personnalisation, de digitalisation, de naturalité… Pour y arriver, l’évolution des compétences est un enjeu majeur. Nous devons former plus, pour recruter plus ! La filière est à la recherche de personnel qualifié, à la fois plus agile, polyvalent et rompu aux nouvelles technologies, notamment en électronique et robotique. Nos entreprises sont engagées sur des projets d’innovation qui visent à améliorer la supply chain et sécuriser l’approvisionnement, moderniser l’outil de production, orienter la réindustrialisation et valoriser le sourcing local…

Un autre axe est la nécessité de rendre attractifs nos métiers. C’est l’objectif de notre Cosmetic Experience Tour qui commencera en octobre 2021. Cette expérience, que l’on souhaite immersive et interactive, fera découvrir les nombreux métiers de la parfumerie cosmétique : technicien de maintenance, formulateur, conducteur de ligne et chef de projet packaging.

Quels sont les points forts de votre partenariat avec le Groupe IMT ?

S. G. : Le Groupe IMT représente pour nos industriels un gage de qualité et une marque de confiance pour la montée en compétences et la formation sur-mesure afin de relever les défis actuels de compétitivité et de croissance. Ce que l’on observe est que les attentes des entreprises sont prises en compte dans l’ingénierie des formations. Quête de nouvelles matières premières, formulations et technologies, virage écologique et numérique, adaptations réglementaire et technologique, amélioration de la supply chain et impact environnemental, l’éventail des sujets est large au nom d’un intérêt mutuel bien compris. Nous sommes vraiment dans un partenariat gagnant-gagnant !

Dossier réalisé par Marion Baschet-Vernet.

Extrait du magazine Passerelles 76, pour consulter le magazine complet, cliquez ici.